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Les Iguanodons de Bernissart 

 

Une découverte historique en 1878  

Trouvés par hasard fin mars 1878, par 322 mètres de fond, dans les entrailles d'une mine de charbon près de Mons, dans le Hainaut (Belgique), les célèbres Iguanodons de Bernissart constituent sans nul doute l’une des plus impressionnantes découvertes de dinosaures au monde. 

 

“ De  l’or ! De l’or ! ” s’écrient les mineurs en découvrant ce que, dans la semi-obscurité de la mine, ils ont pris pour un tronc d’arbre rempli d’or. En réalité, il s’agit d’un os d’iguanodon rempli de pyrite. Ce minerai aux reflets dorés s’est formé lors de la décomposition des cadavres, obstruant petit à petit les nombreuses cavités de leurs os.  

 

Explication : Au cours de la fossilisation, la pyrite peut se former quand le cadavre de l’animal est complètement protégé de l’air et de la lumière (ce qui a été le cas des iguanodons, dont le corps a rapidement été recouvert d’une couche d’argile). Le cadavre se décompose alors sous l’action de cyanobactéries. Ces bactéries dégagent un acide qui, en réagissant avec le fer contenu dans l’argile, donne de la pyrite. 

 

Un gisement exceptionnel 

Le gisement de Bernissart est très particulier, il reste unique à ce jour : un « puits naturel » en profondeur, une poche d’argile souterraine ayant permis la fossilisation impeccable d’un marécage entier et de sa trentaine d’Iguanodons, vieux d’environ 125 millions d’années. 

 

En effet, la grande majorité des sites à dinosaures connus, actuels et passés, sont des gisements de surface ; ils ne fournissent bien souvent que des squelettes incomplets ou mélangés. L’originalité de Bernissart, c’est donc une véritable « mise sous scellés » de ces trésors fossiles dans un « coffre d’argile » ! 

 

Il faut souligner également que c’est grâce à la richesse exceptionnelle en « fossiles d’accompagnement », c’est-à-dire environ 3000 poissons, une salamandre, des tortues et des crocodiles, des fougères, des pommes de pin… qu’une reconstitution précise de l’environnement des Iguanodons a pu être réalisée. 

 

La fossilisation 

Un fossile, c’est toute trace d’un organisme qui a vécu il y a plus de 10000 ans, conservé dans des dépôts sédimentaires. Et ce, quel que soit le type de fossilisation : minéralisation, conservation dans de l’ambre... Il peut s’agir d’os, de dents, de traces de pas, d’œufs, de coprolithes (crottes), de gastrolithes (pierres avalées qui broient les aliments dans l’estomac), d’insectes, de plantes…  

 

Les 4 étapes de la fossilisation :  

1. Il y a plus de 65 millions d’années, un dinosaure tombe dans un marais 

2. Enseveli sous la vase, à l’abri de l’air et de la lumière, son cadavre se décompose peu à peu 

3. Au fil du temps, le squelette se fossilise 

4. Finalement, les mouvements et l’érosion du terrain le ramènent à la surface terrestre 

 

 

Une fouille exemplaire 

Les fouilles commencent en mai 1878. Elles dureront trois ans. Des squelettes sont découverts: les deux premiers se présentent verticalement et le crâne vers le bas, alors que les autres gisent plus ou moins à l’horizontale. Au total, les fouilles mettront au jour une trentaine d’Iguanodon bernissartensis complets ou fragmentaires et un Iguanodon atherfieldensis bien conservé. 

 

Grâce au travail remarquable de toute une équipe composée de mineurs de Bernissart, de techniciens et de spécialistes du Musée d’Histoire naturelle (Bruxelles) de l’époque, plusieurs squelettes d’Iguanodons complets et en bon état ont été progressivement exhumés puis ramenés jusqu’à la surface. Il faudra 37 transports pour amener ces 130 tonnes au Musée royal d’Histoire naturelle de Bruxelles. 

 

Des méthodes de fouilles méticuleuses et novatrices ont permis de sauver ce patrimoine inestimable : c’est en particulier l’œuvre de Louis De Pauw, un préparateur expérimenté du Musée qui fut envoyé sur place pour diriger les opérations. De Pauw avait acquis une sérieuse réputation pour avoir précédemment restauré le Mammouth de Lierre (près d’Anvers).

On pense aussi qu’il fut très probablement l’inventeur de cette technique de « coques de plâtre » installées in situ pour emballer les os fragiles de dinosaures et autres fossiles. Cette technique simple et originale est toujours employée avec succès de nos jours, un peu partout dans le monde. 

 

Une première mondiale 

C’est à Bruxelles, en 1883, qu’a eu lieu la première exposition internationale d’un squelette authentique et complet de dinosaure, en position de vie . Un moment historique ! Cette reconstitution magistrale de l’Iguanodon, à la fois réaliste et scientifique, a été réalisée par les équipes du musée sous la houlette d’un pionnier de la paléontologie des vertébrés, Louis Dollo. Ces recherches approfondies sur l’anatomie comparée des fossiles et des animaux actuels l’ont amené par la suite à fonder une science nouvelle, la paléobiologie. 

 

Une découverte historique 


    Iguanodon - Musée des sciences naturelles




C’est en 1841 que Richard Owen, directeur du
British Museum à Londres, a inventé le mot Dinosaure (du grec : « terrible lézard »), à partir de 3 représentants anglais de ces fameux reptiles : Megalosaurus, Iguanodon et Hylaeosaurus.

Les dinosaures étaient encore très mal connus à l’époque et leurs squelettes
fort incomplets. La majorité des découvertes importantes furent effectuées en Europe, en Angleterre en particulier.  

 



En 1878, Bernissart constitue dès lors une découverte historique, car pour la première fois :
 


- plusieurs spécimens d’un même dinosaure sont enfin retrouvés ensemble ; 

- leurs squelettes sont complets et articulés, en « connexion anatomique »; 

- leur environnement et les fossiles d’accompagnement sont clairement identifiés. 

 

    Iguanodon © Musée de sciences naturelles


Voyez aussi : Grandes photos de dinosaures et d' iguanodons

Une solide référence 

D’un point de vue général, il faut savoir que l’Iguanodon reste la référence par excellence dans le domaine de la recherche sur les dinosaures, malgré plus de 700 espèces valides décrites à ce jour, car il fut l’une des premières découvertes et son histoire illustre parfaitement les progrès des investigations scientifiques accomplies depuis presque 200 ans. 

 

Un succès permanent 

Après avoir suscité à maintes reprises la convoitise des pays voisins (France, Allemagne…), le succès des Iguanodons de Bernissart ne s’est jamais démenti au cours de ces dernières décennies. En effet, en 1985 et en 1988, plusieurs de ces véritables squelettes ont été exposés au Japon où ils connurent un accueil extraordinaire. Ensuite les Iguanodons furent les vedettes d’une exposition scientifique à Barcelone, de 2004 à 2006. 

 

Bien que depuis 1878, de nombreuses et passionnantes découvertes sur les dinosaures se perpétuent un peu partout dans le monde, les Iguanodons de Bernissart constituent aujourd’hui encore une collection spectaculaire, de valeur internationale, à la fois par la richesse et l’originalité de son gisement, par l’excellente conservation des pièces et surtout par le caractère exceptionnel d’une trentaine de spécimens de la même espèce. 

 

Y-a-t-il encore des iguanodons à Bernissart ? 

Actuellement les squelettes d’ Iguanodons ne sont plus accessibles : ils se situent à plus de 300 m de profondeur et les puits qui y mènent sont remblayés et scellés depuis des années ! Par contre, en 2002 et 2003, le Service de Génie Minier de la Faculté Polytechnique de Mons y a entrepris des carottages. Le but était de délimiter clairement l’endroit où ils se situent (le cran) et de voir s’il y restait encore des iguanodons. Les résultats ? Une modélisation 3D du site et des carottes au contenu révélateur…

 

Au sujet des Dinosaures 

 

Les premiers dinosaures apparaissent, il y a 230 millions d’années, durant le Trias supérieur. Ce sont au début des petits carnivores. Ils se subdivisent très vite en deux groupes distincts : les ornithischiens ou « dinosaures à bassin d’oiseau » et les saurischiens ou « dinosaures à bassin de lézard ». Ils ne tarderont pas à se diversifier si bien qu'au début du Jurassique, les principaux groupes (théropodes, prosauropodes, thyréophores,...) sont déjà représentés, mais les dinosaures sont encore assez primitifs.   

 

C’est au cours du Jurassique (-203 à -135 millions d’années) que les dinosaures, notamment les brachiosaures, diplodocus et stégosaures, sont devenus énormes et ont été les maîtres incontestés sur la terre ferme.  

 

Le brachiosaure avait une taille énorme; c’était en quelque sorte la girafe des dinosaures. On a retrouvé des spécimens de pas moins de 30 m! Ce qui surprend également, c’est que ses pattes avant étaient plus longues que ses pattes arrière. Ses vertèbres cervicales, creuses et très longues, lui permettaient de croquer aisément les feuilles et rameaux jusqu’à 16 m de hauteur.

Il parcourait de grandes distances à la recherche de nourriture, dépouillant les branches d’un mouvement de ses 52 dents.
Ce dinosaure vivait voici 199-145 millions d’années. Les paléontologues l’ont découvert aux Etats-Unis, en Portugal, Algérie etTanzanie.

 

Datant du Jurassique supérieur,l’Archaeopteryx est le plus ancien oiseau connu. Comme les droméosaures, il a des dents pointues, trois doigts griffus et une longue queue rigide. Comme les oiseaux actuels, son corps est entièrement couvert de plumes et celles de ses ailes parfaitement adaptées pour voler. En outre, il peut aussi s’agripper aux branches grâce à son premier orteil dirigé vers l’arrière.

Oiseau ou dinosaure, quoi qu’il en soit, l’archéoptéryx est le plus ancien dinosaure connu qui était capable de planer. Grâce à ce dinosaure de 60cm de long, qui vivait voici 139-141 millions d’années et que l’on a découvert en Allemagne, les paléontologues se sont rendus compte que les oiseaux avaient beaucoup de points communs avec les dinosaures.

 

Durant  le Crétacé (-135  à -65 millions d’années) apparaissent les dinosaures à cornes et à bec de canard.  

 

Les Iguanodons de Bernissart datent  aussi de cette ère. Ils avaient 11 m. de long. Aujourd’hui, nous savons que cette espèce se déplaçait généralement sur quatre pattes, mais sur deux pattes lorsqu’ils voulaient courrir. 

 

Velociraptor, qui vivait voici 83-72 millions d’années, était un prédateur redoutable et vif comme l’éclair. Il ne mesurait que 2 m. de long.  Son gros cerveau indique aussi que c’était une bête intelligente. Ce dinosaure que les paléontologues ont découvert en Mongolie avait des traits propres aux oiseaux, comme des plumes. Elles ne lui permettaient pas de voler mais renforçaient son équilibre.  

 

L’une des dernières espèces de dinosaure apparues est le Tyrannosaurus rex . Ce carnivore terrestre, long de 13 m., avait 50 à 60 dents tranchantes comme des rasoirs et atteindnant jusqu’à 23 cm de long. T. rex  marchait sur 2 pattes et pouvait franchir jusqu’à 4 m à chaque pas. Sa vitesse maximale était d’environ 36 km/h mais ne suffisait pas toujours pour attraper une proie. Le tyrannosaure devait donc parfois se contenter de charognes (animaux tués par d’autres prédateurs). Ce dinosaure vivait voici 68-65 millions d’années. Les paléontologues l’ont découvert en aux Etats-Unis et au Canada. 

 

Tant durant le Jurassique que le Crétacé, il y avait bien d’autres espèces de dinosaures. Voyez à ce sujet le site du Musée des sciences naturelles à Bruxelles.

 

A la fin du Crétacé, il y a environ 65 millions d’années, près de deux tiers des espèces végétales et animales de la planète se sont éteintes. Parmi les victimes, on compte les dinosaures (oiseaux exceptés), les ptérosaures, les mosasaures, les ammonites et plus des trois quarts du plancton ! L’impact produit par la chute d’une météorite au Mexique pourrait être à l’origine de cette extinction massive… 

Les survivants, c’étaient les animaux dont la survie ne dépendait pas directement des plantes ou du plancton – devenus temporairement des denrées rares – mais plutôt de matières en décomposition. Il s’agissait notamment d’insectes, de vertébrés d’eau douce (poissons, amphibiens, tortues, crocodiles…), de petits reptiles terrestres (lézards, serpents…) mais aussi de petits mammifères insectivores ou granivores qui ont rapidement pris la place des dinosaures. 


Sur les traces d’Indiana Jones  

C’est en 1922 que R.C. Andrews, le célèbre aventurier qui inspira le personnage d'Indiana Jones, découvrit le gisement d'Erenhot à la frontière entre la Chine et la Mongolie. Les ossements isolés qui y ont été découverts depuis datent tous du Crétacé supérieur. Ils appartiennent, entre autres, à des tyrannosaures et des hadrosaures primitifs.  

 

Les sites fossilifères d'Erenhot se présentent sous la forme de vastes accumulations d'ossements appartenant à plusieurs spécimens d'une même espèce, voire à plusieurs espèces différentes. Des amas de fossiles qui s'étendent parfois sur plusieurs centaines de mètres ! Comment expliquer la formation d'un tel “ mikado ” ? L'étude sédimentologique des gisements et la distribution des ossements indiquent que les cadavres de ces dinosaures ont été emportés sur une faible distance par des cours d’eau et se sont entassés et entremêlés là où les courants étaient moins forts. 

Voyez aussiEn savoir plus sur la visite de la Galerie des Dinosaures
                    
Grandes photos de dinosaures et d' iguanodons


 

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