Le Cirque de Cilaos
Un peu d’histoire
Cilaos vient du mot malgache Tsilaosa, qui signifierait « lieu sûr que l’on ne quitte pas ». Il était autrefois le refuge des esclaves en fuite, les Marrons. Ceux-ci y disposaient d’un abri sûr difficile d’accès et, à l’arrivée des chasseurs d’esclaves, ils s’enfuyaient vers le Piton des Neiges, le Dimitile ou le Grand-Bénare pour s’y cacher
Selon certains historiens, le mot Cilaos trouverait plutôt ses origines dans le nom d’un esclave malgache nommé « Tsilaos », qui se serait réfugié dans ce cirque.
Dans tous les cas, ce sont les Marrons en fuite qui peuplèrent en premier lieu Cilaos. Certains n’échappèrent cependant pas aux chasseurs d’esclaves. Ainsi, ceux qui s’étaient installés sur le plateau dit Ilet à Cordes (parce que l’on ne pouvait y accéder que par des cordes jetées depuis le haut des remparts) furent pris en chasse par des chasseurs armés et organisés, dont Mussard est l’un des plus connus. Plusieurs de ces marrons furent tués.
Lors de la révolte des esclaves à Saint Leu en 1811, les conjurés furent dénoncés par un des leurs, qui reçut en récompense un lopin de terres à Cilaos.
.
Dés 1841, après l’abolition de l’esclavage, des Blancs pauvres ou sans terre, les “petits blancs”, se mêlèrent aux marrons et leur coexistence avec ceux-ci dans le Cirque de Cilaos fut plus que pacifique, ce qui donna naissance à une population métissée. Les colons y développèrent une agriculture vivrière d’autosubsistance (lentilles, maïs, vin, petits pois, haricots, agrumes, élevage, ...).
Les premières sources thermales de Cilaos avaient été découvertes vers 1815 par Paulin Técher, vraisemblablement un chasseur d’esclaves. Et au début du XXe siècle, l’établissement thermal y fut exploité par le docteur Mac-Auliffe.
C’est sa fille, Angèle, qui initia les habitants du Cirque à l’art de la dentelle, ce qui donna naissance aux broderies connues sous le nom de “jours de Cilaos”
Jusqu’en 1936, l’accès à Cilaos se fit à pied ou, pour les plus fortunés, en chaise à porteurs par le sentier du Cap Noir. Après de longues hésitations quant à la faisabilité, la construction de la route de Cilaos (la RN 5) débuta en 1927. Malgré son trajet relativement long (35 km depuis Saint-Louis), les travaux avancèrent assez rapidement
Mais, en 1930, lorsque les deux équipes se rejoignirent à quelques centaines de mètres de Pavillon, les deux tronçons ne se trouvaient pas en face l’un de l’autre et il fut alors décidé de prolonger les deux tronçons de deux virages chacun, de manière à faire une boucle et à joindre les deux bouts.
En mars 1965, Cilaos, dépendant jusqu’alors de Saint-Louis, reçut le statut de commune et compte plus de 6.000 habitants. En souvenir de ses origines, la commune a comme devise « Cilaos, on y revient toujours ».
Voyez aussi Photos du Cirque de Cilaos, Autres Photos de Cilaos
Le Cirque
 |
Situé au sud du massif du Piton des Neiges, le cirque de Cilaos a une superficie de 8 439 ha. Il se trouve à une heure de Saint-Louis, au bout d’une route impressionnante avec ses multiples virages serrés, le long de hautes falaises où nichent papangues (rapaces diurnes endémiques), pétrels-de-Barau et paille-en-queue.
De pittoresques petits villages parsèment le trajet : Ilet-Furcy, Petit-Serré, Peterboth, Palmiste-Rouge.
|
Cilaos © CTR/Meyerbisch
Etabli sur un vaste plateau à 1.200 m. d’altitude, le village de Cilaos est le centre naturel du cirque. On y trouve d’anciennes demeures de vacances, au milieu des extensions récentes.
Les centres d’intérêt ne manquent pas avec la visite des villages éloignés comme Ilet-à-Cordes ou le Bras-Sec, les thermes aux vertus curatives incontestables, une eau minérale pétillante de qualité, des lentilles renommées, un vin blanc et une gastronomie authentique.
Alors que les anciens thermes, au bord du torrent, totalement détruits par le cyclone de 1948 avaient été reconstruits presque à l’identique, ils devinrent vite inaptes à satisfaire une demande de plus en plus nombreuse. Les nouveaux thermes, du nom du premier maire Irénée Accot, sont situés derrière l’église et accueillent chaque année de nombreux curistes ou de simples touristes à la recherche d’une remise en forme originale et bienfaisante.
En plein centre-ville, la Maison de la broderie offre une exposition-vente permanente de l’artisanat de la broderie de Cilaos. Visitez à ce sujet le site de La Maison de la Broderie de Cilaos.
Quant aux lentilles, elles sont cultivées principalement à Ilet à Cordes. C’est le climat et la formation géologique du Cirque qui donnent un goût particulier aux lentilles de Cilaos. La demande est supérieure à l’offre.
L’introduction de meilleurs cépages en 1975 a permis au vin de Cilaos de gagner en qualité. Les vignobles de Cilaos sont étagés en terrasses sur de fortes pentes. Ils ne peuvent donc être exploités que manuellement. Les vendanges ont lieu en janvier et février et leur commencement donne lieu à une fête dans le cirque. Le vin lui-même – il s’agit essentiellement de vin blanc et, plus récemment, de rouge - est fêté en juillet.
L’église Notre-Dame-des-Neiges de Cilaos, dont la croix sur le clocher brille d’une lumière bleue la nuit, est un des fleurons de l’architecture sacrée de l’île. Ses boiseries sont toutes le fait d’artisans ébénistes de la Rivière-Saint-Louis. Son titulaire le plus illustre fut le père Paul Boiteau, arrivé en 1927, décédé en 1947, ascète mystique, très proche des plus démunis. Il est enterré devant l’église. Les nombreux ex-voto témoignent de la reconnaissance de ses fidèles.
Photo de l’église Notre Dame des Neiges à Cilaos
Aujourd’hui, l’Ilet à Cordes est accessible par la route et est desservi par un service de bus. C’est aussi un but de randonnées par un sentier.
Les promenades, randonnées et treks de difficulté et durée diverses constituent des attraits majeurs du Cirque de Cilaos. Outre l’Ilet-à-Cordes, la cascade de Bras Rouge et la Roche Merveilleuse constituent des promenades classiques, tandis que les randonneurs plus courageux se consacreront à l’ascension du Piton des Neiges.
Centres d’intérêt dans le cirque de Cilaos