Le cirque de Salazie
Salazie
 Cirque de Salazie © CTR/Fourmet |
Le cirque de Salazie se situe au centre de l'île, au nord-est du Piton des Neiges.
Salazie, dont le nom viendrait de salaozy, “bon campement” en malgache, doit sa luxuriante nature aux nombreuses pluies venant de la côte sous le vent.
Capitale du chouchou, de superbes cascades et des fruits parfumés, Salazie est un lieu enchanteur où la douceur de vivre s’allie à la gentillesse de ses habitants.
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C’est aussi le plus accessible des cirques de l’île. De Saint-André, il ne faut, pour accéder au bourg principal, que 20 minutes d’une route agréable le long de montagnes et de cascades (dont la cascade Grand-Mère et, à la sortie de la localité de Salazie, la fameuse cascade du Voile de la Mariée). Le cirque compte 10 000 hectares et quasi autant d’habitants.
Trois principaux hameaux composent le cirque :
-- Salazie, centre administratif et, étant situé à l’entrée du cirque, est surtout, pour les touristes, un lieu de passage en direction soit d’Hell-Boug soit de Grand-Ilet,
-- Hell-Bourg, situé 9 km plus loin, est une ancienne station thermale, classée actuellement parmi les plus beaux villages de France, avec ses maisons créoles bien conservées, ses restaurants typiques, son élevage de truites et l’un des plus vieux cimetières des Hauts,
-- Grand-Ilet situé à 15 km de Salazie dans une zone d’agriculture et de tables d’hôte; c’est aussi la porte vers Mafate,
Dans le cirque, on cultive principalement bananes, bibasses, pêches, agrumes et pommes et le chouchou.
Voyez aussi : Le cirque de Salazie, Hell-Bourg et ses attractions , Photos du Cirque de Salazie
Histoire
Le peuplement du cirque de Salazie n’a guère été différent de celui des deux autres cirques de l’île de La Réunion. A l’origine, seuls les esclaves en fuite - les Marrons - s’aventuraient dans le cirque de Salazie et leurs noms restent attachés a plusieurs lieux du cirque, comme celui de l’un des plus connus de ces Marrons, Enchaing, qui laissa son nom au pic tronqué de 1.352 m. d’altitude qui se dresse au milieu du cirque.
Enchaing et sa femme Héva étaient esclaves d’un propriétaire de la côte est. Un jour, le maître ayant battu Héva, le couple s’enfuit et arriva au pied d’un piton apparemment inaccessible. C’est là que le couple choisit de se réfugier et de s’installer. Enchaing y sema les semences qu’il avait pris la précaution d’emporter.
Le couple vécut ainsi de ses plantations, de chasse et de pêche pendant plus d’un quart de siècle avant d’être malheureusement découvert par Bronchard, un chasseur d’esclaves. Bronchard, quant à lui, a laissé son nom également à un col tronqué mais situé dans Mafate.
A partir de 1830, quelques propriétaires ruinés émigrèrent vers les hauts de l'île à la limite des terres cultivées et dans les cirques, suivis de petits colons ne disposant pas des moyens nécessaires pour embaucher la main d’œuvre immigrée après l’abolition de l’esclavage. Ainsi s’est créée une population métissée issue de l’union de « petits blancs » et de noirs. C’est aussi à partir de cette époque que furent attribuées des concessions dans le cirque.
C'est le « chouchou » importé du Mexique par Sully Brunet en 1840, qui a fait et fait encore la renommée du cirque de Salazie. Ce légume était alors cultivé pour son fruit, ses feuilles et sa racine tandis que les tiges étaient utilisées pour la confection de chapeaux de paille.
Après la découverte de sources thermales en 1842 dans le cirque, Hell-Bourg devint un lieu de villégiature disposant d’un sanatorium et renommé dans tout l’océan indien.
En 1899, Salazie reçut le statut de commune.
Le cirque de Salazie étant exposé aux fortes précipitations notamment lors des passages des cyclones, de nombreux glissement de terrains ont eu lieu. Le plus meurtrier fut celui qui ensevelit le village du « Grand Sable » au pied du Gros Morne en 1875. Et en 1948, le cyclone détruisit les sources.
L’histoire plus récente de Salazie est émaillée de divers épisodes dignes d’être rappelés brièvement. C’est ainsi que, en 1942, pendant la seconde guerre mondiale, Aubert, le gouverneur de l’île de la Réunion s’est réfugié à Hell-Bourg dans la crainte d’une attaque par les Anglais qui s’étaient emparés de Madagascar et l’avaient ensuite remis aux mains des Forces Françaises Libres.
Lorsque Capagorry, que le Général de Gaulle avait envoyé à bord du contre-torpilleur Léopard pour rallier la colonie à sa cause, a débarqué le 28 novembre à Saint Denis, Aubert a montré quelques réticences à se rendre : ayant fait la sourde oreille à un premier ultimatum, il aurait demandé, pour sauver la face, qu’un second ultimatum menaçant de bombarder les usines du Port lui soit adressé avant qu’il se rende. Capagorry fut alors le gouverneur de l’île jusqu’en 1947. Quant à Aubert, il partit à l’île Maurice à bord du Léopard.
En 1995, renversé temporairement par le mercenaire Bob Denard, le Chef d’Etat des Comores trouva asile à Hell-Bourg où il fit un séjour, semble-t-il, particulièrement agréable de quelques mois, avant de pouvoir retourner aux Comores avec le soutien des paras français.