Le Piton de la Fournaise
Le Volcan.
Petit frère du Piton des Neiges qui a cessé toute activité volcanique depuis bien plus de 10.000 ans, le Piton de la Fournaise culmine à 2 631 mètres et est l’un des volcans les plus actifs au monde, avec ces derniers temps souvent une, voire plusieurs éruptions par an.
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C’est un volcan effusif, et non explosif. Les éruptions, sous la forme de projections et de coulées de lave incandescente, sont souvent plus spectaculaires que dangereuses.
Elles ont cependant parfois nécessité des évacuations, comme par exemple celle du village du Tremblet en 2007.
Le piton de la Fournaise se présente sous la forme d'un large cône situé au milieu d'une zone d'affaissement, en quelque sorte une immense cuve, appelée l'Enclos. |
Un cratère adventif © CTR/Schweizer
L'Enclos est une cadeira de la forme d’un U d'environ 13 km de long sur 9 km de large, s’ouvrant à l'est sur l'océan Indien. Côté terre, son pourtour est constitué par des falaises, appelées remparts, de 100 à 400 mètres de haut.
Cet enclos s’étale sur différents niveaux : la partie supérieure, dite « l'enclos Fouqué » est une zone relativement plate de 2 000 à 2 200 mètres d'altitude, est suivie d’une partie en forte pente en direction de la côte (d’où son nom, « les Grandes Pentes ») et se termine par une zone basse, dénommée Grand Brûlé, qui s'étale plus doucement jusqu'au rivage.
Le cône du Piton de la Fournaise, d'un diamètre d'environ 3 km, est situé au centre de l'enclos Fouqué et est en fait constitué de deux cratères :
-- le cratère Bory, situé à l’ouest, est le plus petit avec 350 mètres de longueur et 200 mètres de largeur. Il est actuellement inactif. Existant déjà à l’époque de la colonisation de l’île, il doit son nom à J-B. Bory de Saint Vincent, géographe français qui fut le premier à décrire scientifiquement le Piton de la Fournaise.
-- le cratère Dolomieu, situé à l’est, est le plus grand des deux cratères, avec 1 000 mètres de longueur et 700 mètres de largeur. Il ne se serait constitué qu’en 1791 suite à un effondrement d’une partie du cône. Il porte son nom en hommage au minéralogiste français Déodat Gratet de Dolomieu (1750-1801). Ces dernières années, le cratère Dolomieu a fait l’objet tantôt de remplissage, tantôt d’effondrement.
En outre plusieurs cratères secondaires sont éparpillés sur les pentes du cône principal.
Des éruptions peuvent également se produire « hors-Enclos ». Ces dernières peuvent se révéler plus dangereuses, ayant dévasté partiellement détruit le village de Piton Sainte-Rose en 1977 (l’église encerclée par la lave résista) ainsi que plusieurs maisons du village du Tremblet en 1986.
Les coulées de lave les plus abondantes ou provenant d'éruptions à basse altitude peuvent atteindre le rivage et se jeter dans l'océan, comme ce fut le cas en 1977, 1986 et 2007. Le contact avec l'eau salée provoque un panache de vapeur d'eau et la formation de gaz irritants. Lorsqu’elles continuent à s'ébouler sous l'eau, les laves refroidies peuvent résulter dans la construction d’une plate-forme rocheuse qui agrandit le contour terrestre de l'île.
L’éruption d’avril 2007 a été l’une des plus importantes de toute l’histoire du volcan avec un effondrement du plancher du cratère Dolomieu tombé à 350 m. de profondeur, un effondrement partiel du cratère Bory, des températures de plus de 1200°, des coulées de lave de 60 km/h., une durée de 29 jours, une production de lave émise estimée à un total de 120 millions de m³ et un agrandissement de l’île d’environ 47 ha ! Plus d’un an après l’éruption, la lave était encore brûlante en dessous une couche refroidie et, selon l'épaisseur de la coulée, cette situation peut durer de nombreuses années.
La fréquence des éruptions et l'abondance des coulées modifient périodiquement la configuration des lieux. En altitude, les paysages restent dans une dominante minérale. Mais, dans les zones plus basses, la végétation réapparaît progressivement sur les laves refroidies et la forêt y reprend possession du terrain en quelques dizaines d'années.
Comme le montrait une émission TV de FR3 « Des racines et des ailes », il arrive que des gaeries et grottes se forment à l’intérieur des laves refroidies.
Voyez aussi : Le Piton de la Fournaise et ses accès
Photos du Piton de la Fournaise