Saint-Pierre
Saint-Pierre et son histoire
Située au sud-ouest de l’île de La Réunion, la commune de Saint-Pierre s’étend sur 9.500 ha. et compte quelque 80.000 habitants. Surnommée « la capitale du Sud », elle est une commune agricole, industrielle et maritime qui s’est considérablement développée au cours des dernières décennies.
Connu de longue date par les marins qui y venaient s’approvisionner en eau douce, l’endroit doit à l’agriculture - d’abord le café, ensuite la canne à sucre - l’origine de son peuplement au début du 18e siècle. Au demeurant, son nom en malgache « Mahavel », ne signifie-t-il pas « pays de vivres »? L’approvisionnement en eau par le Canal Saint-Etienne, long de 17 km., a encore stimulé l’agriculture régionale à partir de 1825.
Avec la création d’une « marine » dans l’estuaire de la Rivière d’Abord, Saint-Pierre devint aussi un lieu où les bateaux venaient faire réparer leurs avaries et un point d’exportation de la production locale.
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Cependant, la construction d’un port au 19e s. pendant quelque 30 ans ruina la ville. De plus, les deuxbateaux de la principale compagnie locale firent naufrage.
Ultime coup dur lorsque le nord ouvrit en 1886, quatre ans à peine après l’achèvement de celui de Saint-Pierre, son propre port, plus vaste et plus adapté à la navigation moderne, à la Pointe des Galets (Le Port). Ainsi, le port de Saint-Pierre qui devait enrichir la ville l’endetta pour plusieurs décennies.
A partir de 1970, Saint-Pierre s’est doté de zones industrielles, qui ont relancé l’économie locale et en font la première région de production agroalimentaire de l’île.
Au début des années 1990, Saint-Pierre entreprit une refonte totale de son port, avec l’aide des Institutions Européennes. |
Temple tamoul à Saint-Pierre © CTR/ Caumes
Voyez aussi: grande photo du Temple Tamoul à Saint-Pierre
Avec plus de 400 places à quai, le nouveau port, inauguré en 2001, est dédié tant au trafic touristique régional qu’à la pêche hauturière et traditionnelle, à la plaisance et aux sports nautiques. Il participe au développement de la cité.
De son côté, l’aéroport de Pierrefonds, ouvert en 1998 à 5 km. à l’ouest de Saint-Pierre, peut fournir une facilité aux touristes désireux de visiter le Sud de l’île. Il est essentiellement affecté aux navettes aériennes avec l’aéroport de Saint-Denis et aux liaisons avec Madagascar ou l’île Maurice. Et c’est par l’intermédiaire de ceux-ci que Saint-Pierre est accessible du reste du monde par avion.
Au point de vue touristique, outre son intérêt historique et son statut de station balnéaire (plage, surf et promenade en front de mer), Saint-Pierre est surtout une porte d’entrée tant dans le Sud que vers les hautes plaines et le Piton de la Fournaise.
Voyez aussi : Saint-Pierre, son port, son littoral, et Terre-Sainte
Patrimoine
Plusieurs bâtisses du temps de la Compagnie des Indes sont témoins du passé de Saint-Pierre. La plus remarquable est l’hôtel de ville, rue Méziaire Guignard. C’est un ancien entrepôt de la Compagnie des Indes et, datant de 1736, l’un des plus anciens bâtiments de la ville. Il est classé Monument historique depuis 1982. Un parc fleuri garnit l’endroit.
Accès: emprunter le boulevard Hubert-Delisle (front de mer), puis remonter la rue Méziaire Guignard
Un autre ancien entrepôt de la Compagnies, situé sur les rives de la rivière d’Abord et racheté au 19e s. par une riche famille de planteurs d’origine bretonne, les Kervéguen, a été restauré en 2001par les pouvoirs publics. Il est occupé par l’Institut français pour la Recherche et la Technologie polaires.
Au hasard des rues de la ville, de nombreux autres bâtiments historiques (sous-préfecture, école Saint-Charles, marché couvert,…) et cases créoles sont autant de merveilles préservées à travers les siècles.
Outre ces demeures historiques, d’autres bâtiments sont dignes d’intérêt, comme par exemple le temple tamoul de la Ravine Blanche (temple Narassinga-Péroumal), l’un des plus beaux de l’île, ou celui du centre, près du marché, très fréquenté lors des marches sur le feu.
Le cimetière à l’ouest de la ville abrite la tombe du bandit et sorcier africain Sitarane qui se prétendait immortel et dont la bande terrorisa la ville par une série de cambriolages mystérieux et de meurtres au début du 20e s. Finalement, le bandit fut capturé, jugé et exécuté. Mais, les pouvoirs occultes qui étaient attribués au bandit semblent encore hanter l’esprit de quelques Réunionnais, au vu notamment des offrandes parfois déposées sur la tombe.
Le Vieux Domaine
A la Ravine des Cabris, bien au nord de la commune, le Vieux Domaine était jadis la propriété de la famille Kervéguen. Le domaine est constitué de la maison, de ses dépendances (écurie, distillerie, four à pain) et d’un parc arboré de trois hectares qui abrite une collection d’espèces endémiques, parfois rares ou centenaires.
Le domaine revit aujourd’hui sous l’impulsion d’une Association et des visites guidées y ont lieu sur réservation. Il offre un échantillonnage complet des légumes et fruits d’autrefois.
Accès : au 76 bis, Chemin Recherchant, à Ravine-des-Cabris. Tél. 02 62 49 53 67
Voyez aussi : Saint-Pierre, son port, son littoral, et Terre-Sainte