Sainte-Suzanne
Située au Nord de l’île, entre Sainte-Marie et Saint-André, à 10 minutes de Saint-Denis, la commune Sainte-Suzanne jouit d’un climat tropical chaud et humide, favorable à une agriculture riche et diversifiée. Les paysages de la commune sont faits de champs de canne à sucre, de gros bosquets entourant les anciennes propriétés coloniales et de grandes bambouseraies.
Le village, contourné par la route nationale à quatre voies, est à peine visible de celle-ci. La commune est traversée par la rivière de même nom qui fait une boucle et, avant de se jeter dans l’océan, sépare le quartier dit Village Deprez du quartier La Marine. Une aire de jeux et de détente a été aménagée au lieu-dit Le Bocage sur les rives Est de la rivière.
C’est aussi à l’Est de la commune actuelle que se trouve le Quartier-Français où furent installés les premiers mutins de Madagascar exilés à La Réunion en 1646, bien avant le début du peuplement de l’île en 1663. Sainte-Suzanne est, avec Saint-Denis et Saint-Paul, le berceau du peuplement de La Réunion (à l’époque, île Bourbon).
Le cimetière historique de Bel-Air
La présence d’un des plus vieux cimetières de l’île à Sainte-Suzanne ne surprendra donc pas. Au fil des décennies, le cimetière de Bel air accueillit non seulement les résidents de la région, mais aussi des étrangers comme les soldats anglais morts lors de la conquête l’île en 1810.
Le « Caveau des Anglais » situé dans l’enclos se présente sous la forme d’une construction rectangulaire à l’intérieur de laquelle on trouve un ensemble de pierres tombales. Cette structure est entourée d’un petit muret où sont enterrées des personnes décédées à la même époque. Ce caveau, unique en son genre à La Réunion, a été entièrement restauré en 1996.
Le cimetière de Sainte-Suzanne a aussi une valeur historique marquée dans la mesure où l’on y trouve à la fois quatre types de monuments funéraires de style et de périodes différentes : la stèle, le mausolée, le caveau et la tombe en terre.
Le cimetière est le seul cimetière de l’île qui fait l’objet d’opérations de restauration de tombes et de mausolées. Ces opérations s’étalent sur une période de 10 ans.
Accès : A l'entrée de la ville, côté ouest.
Le phare de Bel-Air
Construit en 1844 et peint en rouge et blanc, le phare maritime de Sainte-Suzanne est classé monument historique. Il est unique dans l’océan Indien, étant le seul phare clignotant de la zone. Il signalait la présence des rochers du “Cousin” aux navigateurs et a cessé de fonctionner en 1984 avec la désertification des routes maritimes dans cette zone.
Aujourd’hui, le bâtiment est un lieu d’expositions.
Accès : suivre le fléchage à partir du centre-ville, direction Bel-Air, à l’ouest de la ville.
Les calbanons de Bel-Air
Les “calbanons” sont les anciens logements des esclaves, devenus ensuite ceux des travailleurs engagés après l’abolition de l’esclavage. Près de 400 immigrés indiens ont habité dans les calbanons de Bel-Air ayant appartenus au 18e siècle à la famille d’Augustin Panon et relativement bien conservés.
Accès : à partir du centre-ville, prendre la RD 51, direction le phare de Bel-Air.
Le Grand Hazier
Egalement situé à l’ouest de la ville, le domaine du Grand-Hazier, appartenant à la famille Chassagne, existe depuis plus de trois siècles. La villa de ce domaine, plus récente, avec ses dépendances, parcs, jardins et sa grande allée bordée de cocotiers menant jusqu'à la route nationale est inscrite à l'inventaire des Monuments historiques.
Ne pas manquer de visiter cet beau jardin de deux hectares avec des arbres multi centenaires, des buissons de plantes médicinales, ainsi que de nombreuses espèces en voie de disparition.
Visite guidée de la maison et du jardin, sur réservation.
Accès : au centre-ville, prendre la direction de Bagatelle puis direction “Grand-Hazier, Bel-Air”. A la première intersection, prendre à droite.
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Cascade de Niagara
Située dans l'aval de la rivière Sainte-Suzanne, la cascade de Niagara (photo ci-contre) est une jolie chute de 30 m. avec son bassin tropical.
Etant accessible en voiture, l’endroit est très fréquenté pour le pique-nique de fin de semaine. La cascade est surtout connue parce qu’elle apparaît dans plusieurs productions audiovisuelles, notamment le téléfilm « Les Secrets du volcan ».
Voyez aussi de grandes photos de cascades de La Réunion.
L'ancienne usine de Quartier-Français
Le comte Le Coat de Kervéguen, qui possédait quasiment tout le Sud de l’île et de nombreuses autres propriétés ailleurs au 18e siècle, fit construire l’usine sucrière de Quartier-Français en 1860 à Sainte-Suzanne. |
L'usine de Sainte-Suzanne fut la plus moderne de son époque sur l'île. Elle a fermé ses portes en 1982.
Accès : prendre la RD 46 à la sortie Est de Sainte-Suzanne, suivre le fléchage
Le groupe Quartier Français
Cette usine a cependant été à l’origine du groupe Quartier-Français, créé au début du 20e siècle après la vente de l’usine par la famille Kervéguen et devenu aujourd’hui le premier groupe industriel de La Réunion. C’est un groupe international aux activités diversifiées dont le siège social est établi à Sainte-Suzanne.
En ce qui concerne le sucre, le groupe Quartier français est, par sa filiale La Sucrière de La Réunion, le premier producteur français de sucre de canne. Il détient aussi une participation de 49% dans la société Sucrerie de Bois-Rouge à Saint-André, filiale du groupe lillois Tereos. Les deux sociétés travaillent en partenariat.
Annuellement, la Sucrière de La Réunion achète quelque 1,4 millions de tonnes de cannes et produit environ 140.000 tonnes de sucre, soit 71 % de la production totale de l’île. La société Sucrerie Bois-Rouge achète quelque 0,5 million de tonnes de cannes par an. La production des deux sociétés est entièrement répartie entre les deux unités de production : la sucrerie du Gol à Saint-Louis (propriété du groupe) et la sucrerie Bois-Rouge à Saint-André.
Au sujet du sucre à La Réunion, voyez le site des producteurs : http://www.sucredelareunion.com/
Patrimoine
Sur le territoire de Sainte-Suzanne, de nombreuses vieilles demeures coloniales subsistent, souvent bien conservées.
Les édifices chrétiens et tamouls se côtoient de façon conviviale ici comme ailleurs. L’église du centre-ville et celle de Sainte-Vivienne sont des bâtiments anciens bien conservés.
Jadis, un chemin de fer côtier reliait Saint-Benoît à Saint-Pierre en passant par Saint-Denis et Saint-Paul, servant notamment à l’industrie sucrière. Construit à partir de 1878, il cessa complètement de fonctionner en 1976. Plusieurs gares sont encore visibles. C’est le cas de la gare de Sainte-Suzanne qui a été en service de 1882 à 1963. La ligne nécessitait d'importants ouvrages d’art, notamment le tunnel de 45 m. de long situé sous la pointe de Bel-Air.
Accès : la gare est derrière la mairie; le tunnel est dans le secteur du phare; un pont en parfait état peut être observé dans le quartier de Village-Desprez, derrière l’église.