Baleines et dauphins
Archives de l'exposition temporaire du 14 octobre 2009 – 29 août 2010 au Musée de sciences naturelles, à Bruxelles
Les baleines et dauphins d’aujourd’hui sont les descendants d’un animal terrestre qui, au fil d’une spectaculaire transformation, entamée il y a une cinquantaine de millions d’années, a quitté la terre pour une vie aquatique.
Comment cette évolution s’est-elle faite ?
Comment ces mammifères peuvent-ils vivre dans l’eau, plonger jusqu’à 3.000 m. de profondeur sans respirer et communiquer dans l’eau à des kilomètres de distance ?
Quelles sont les menaces qui pèsent sur ces mammifères marins ?
L’exposition temporaire « Baleines et Dauphins » du Musée des sciences naturelles, à Bruxelles, était dédiée à ces thèmes.
En savoir davantage au sujet
-- de la passionnante vie aquatique des baleines et dauphins
-- des communications et la reproduction des cétacés
-- les menaces qui pèsent sur les baleines et dauphins.
L’évolution des mammifères marins : De la terre à la mer
De tous les mammifères, les cétacés, plus précisément les baleines et les dauphins, sont ceux qui ont évolué de la façon la plus spectaculaire. Leur ancêtre était un animal terrestre qui avait des sabots et dont les descendants se sont progressivement adaptés à la vie aquatique. Les baleines primitives poilues ont ainsi laissé finalement la place aux élégants cétacés que nous connaissons aujourd’hui.
Les grandes étapes de cette évolution au cours de 50 millions d’années, sont aujourd’hui connues et l’on sait que les plus proches parents actuels des cétacés sont les hippopotames.
Il y a 65 millions d’années, 75% des espèces disparaissent de la planète. L’extinction des grands reptiles marins offre aux survivants l’opportunité de coloniser le milieu aquatique.
Les ancêtres des cétacés sont les archéocètes, dont la première espèce est encore terrestre mais possède des moeurs semi-aquatiques. Il y a environ 50 millions d’années, il vit près des fleuves, non loin de la mer de Téthys, à hauteur du Pakistan, où il complète son menu de quelques poissons et invertébrés aquatiques.
Des archéocètes vont évoluer et, deux millions d’années plus tard, avoir 4 pattes palmées : c’est le Ambulocetus natans dont le milieu de prédilection est aquatique. Il s’y déplace comme une loutre marine en repoussant l’eau avec ses pattes arrière très développées. Il chasse le long des côtes et revient sur terre pour se reproduire.
Puis, il y a 38 millions d’années, le Dorudon est le premier cétacé totalement inféodé au milieu aquatique. Ses pattes arrière sont atrophiées et ses membres antérieurs sont transformés en palettes natatoires. Il se déplace comme les cétacés modernes grâce aux mouvements verticaux de sa nageoire caudale.
Les adaptations au milieu aquatique sont spectaculaires. Les narines « reculent » progressivement sur le sommet de la tête pour permettre aux mammifères de respirer en surface sans sortir la tête de l’eau, puis fusionnent en un seul évent chez les cétacés à dents.
La mâchoire évolue en fonction du type d’alimentation. Il y a environ 25 millions d’années apparaissent les baleines à fanons.
Après des millions d’années d’évolution, la patte antérieure des premiers cétacés n’est plus dotée d’un coude articulé, les doigts se sont allongés, à l’exception du pouce qui tend à disparaître. C’est elle qui est probablement à l’origine de la « nageoire » pectorale des cétacés actuels.
Les pattes arrière et le bassin, eux, régressent peu à peu jusqu’à leur quasi-disparition. Chez les cétacés actuels, ne subsiste que le bassin, très réduit, qui soutient, chez le mâle, le muscle rétracteur du pénis. Il arrive encore, exceptionnellement, que des baleines ou des dauphins naissent avec des pattes arrière atrophiées, résurgence héréditaire de leurs lointains ancêtres.
L’ensemble de la colonne vertébrale se modifie : les vertèbres caudales s’arrondissent permettant ainsi une plus grande mobilité de la queue qui constitue un puissant propulseur ; les vertèbres cervicales se raccourcissent, jusqu’à se souder chez certains cétacés, maintenant la tête dans l’axe de la colonne pendant la nage.
Le physique des cétacés s’adaptent pour fendre les flots dans des conditions idéales : un corps en torpille, une peau presque complètement débarrassée de poils et aucun organe externe pour freiner leur progression : pas d’oreilles, testicules, pénis ou mamelles bien rangés dans des replis de peau. Une couche de graisse se développe pour limiter les pertes de chaleur en isolant le corps des basses températures.
Voyez aussi:
-- la passionnante vie aquatique des baleines et dauphins
-- communications et la reproduction des cétacés
-- les menaces qui pèsent sur les baleines et dauphins.