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Madagascar > Photos et récits > Soie sauvage à Madagascar

Photos de la soie sauvage à Madagascar: les cocons, leur cuisson, la filature et le tissage de la soie sauvage à Ambalavao.

Nous vous proposons plusieurs galeries de photos d'Ambalavao: la première est consacré à son fameux marché des zébus, la seconde à sa fabrique de papier Antaimoro, une troisième, ci-dessus, à ses ateliers de tissage de soie sauvage et la quatrième à la faune de la réserve privée Ny Anja située dans les environs. D'autres albums présentent des photos du Parc National d'Andringitra et aux vins malgaches.

Soie sauvage à Madagascar: les cocons
Production de soie sauvage à Ambalavao, Madagascar: le dévidage des cocons  - l'ouvrière sépare le cocon de la chrysalide (ver à soie).

Ambalavao est une bourgade malgache située sur la route nationale RN 7 dans une zone frontière entre les Hautes Terres et la région Sud du pays. Elle est connue pour son grand marché de zébus et différentes activités artisanales comme celle du tissage de la soie sauvage.

A Madagascar, la soie tient une place importante dans la culture. L'utilisation de linceuls de soie imputrescible est toujours un signe de respect et de noblesse lors des cérémonies funéraires. Le suaire en soie utilisé tant après le décès que lors de la cérémonie des retournements des morts s'appelle lambamena. Par ailleurs, jadis seuls les nobles et les descendants de sang royal avaient le droit de porter des vêtements en soie. 

On trouve deux sortes de soies à Madagascar: l
a soie d’élevage ou "landykely" d'une part et la soie sauvage ou "landibe" d'autre part.

La soie sauvage se distingue de la soie d'élevage par sa matière première, son lieu de production, son processus de production et l'aspect de son produit fini.

Soie sauvage à Madagascar: la cuisson
Production de soie sauvage à Ambalavao, Madagascar: la cuisson - les cocons sont bouillis pendant plusieurs heures.

La soie d’élevage provient du ver à soie du mûrier (Bombyx mori) amené à l'origine de l'étranger et est produite sur les Hauts Plateaux autour d’Antananarivo, initialement dans des zones de culture définies sous la royauté malgache. L
a soie sauvage est produite par le ver à soie sauvage (Borocera madagascariensis), espèce endémique de Madagascar, qui vit surtout dans les forêts naturelles de Tapia, arbre endémique de Madagascar, sur un territoire plus étendu allant essentiellement de Miarinarivo au nord à l'Isalo au sud.

La soie sauvage est exploitée depuis des siècles à Madagascar, avant l’arrivée des premiers Européens sur , tandis que le ver à soie du mûrier n'a été importé à Madagascar qu'aux environs de 1826.

La chenille du papillon Borocera madagascariensis se nourrit des feuilles du tapia et, en complément, de feuilles de quelques autres arbres. Le cocon formé par sa chrysalide sert de matière première pour la production de la soie sauvage. La formation du cocon dure de 3 à 7 jours et le stade chrysalide 120 jours. Les cocons femelles mesurent 5 x 3 cm, tandis les cocons mâles sont de 4 x 2,5 cm. Il y a deux récoltes par an
, mais celle de novembre-décembre est la plus abondante.
 
A Madagascar, le processus de production demeure complètement artisanal. Le cocon du  Borocera madagascariensis n'est pas filable directement. Il n'est pas dévidable à la déroulée commes le cocon de soie d'élevage. Celui-ci est construit d'un seul long fil continu, déroulable. Au contraire, le cocon du landibe est fait de nombreux fils courts qui sont rassemblés, retordus et filés ensemble pour former un long fil cohésif. 

La production de la soie sauvage se fait entièrement à la main. Il faut faire obligatoirement bouillir les cocons de landibe avec du savon pendant une longue durée. Pour ce faire, le cocon est trempé une heure dans de l'eau, puis dévidé de la chrysalide, on en empile ensuite plusieurs l'un sur l'autre et on les fait cuire 3 jours dans de l'eau savonnée à 90°. 

Les cocons sont ensuite mis dans des sacs de toile enterrés et gardés humides pour maintenir une fermentation.

Ensuite, après rinçage, séchage et tri, la soie sauvage est filée à la main. Puis, elle est teintée. Selon la teinte voulue, le colorant utilisé provient de produits chimiques ou de matières naturelles telles que des feuilles, des écorces, des tiges ou des racines. Une décoction de pelures de bananes et de certaines feuilles sert de fixateur.  

Ensuite, la soie est tissée avec les outils artisanaux classiques.

La soie sauvage est d'aspect plus rustique que la soie d'élevage, et son fil est plus irrégulier, ce qui, avec ses jolies teintes, font son charme. 

Soie sauvage à Madagascar: la soie brute
Production de soie sauvage à Ambalavao, Madagascar: la soie sauvage brute.

La soie sauvage est naturellement de couleur brune.


Soie sauvage à Madagascar: la filature
Production de soie sauvage à Ambalavao, Madagascar: la filature manuelle de la soie sauvage.

La dextérité de la plupart de ces ouvrières est remarquable. Ici l'ouvrière a ralenti ses mouvements pour laisser apparaitre le fil sur la photo, fil obtenu en le retirant du cocon et en le faisant rouler rapidement sur son genoux. Néanmoins, c'est l'étape de production qui demande le plus de temps.  On estime à 90 heures la durée de la filature d'un panneau de linceul de 0,7 x 2,0 m

Soie sauvage à Ambalavao, Madagascar
Production de soie sauvage à Ambalavao, Madagascar: la soie teintée - après la filature, la soie est teintée avant d'être tissée.

Quoique l'on tente de diversifier les produits finis en soie naturelle, les écharpes, châles, paréos et linceuls demeurent les plus usuels d'entre eux. Lors de cérémonies ou d’évenements importants, il est parfois d'usage à Madagascar de porter sur une épaule ou autour du cou un lamba (lamba landy), une espèce de châle traditionnel en soie sauvage. Mais, le linceul (lambamena) reste le principal usage de la soie sauvage, car la population préfère toujours la soie sauvage (landibe) par respect de la tradition et parce qu'il est plus résistant aux conditions des tombes. Un panneau de linceul nécessite 4000 cocons (1,5 kg) et 130 heures de travail répartis sur deux mois.

Des projets, financés par des organisations non gouvernementales et pendant plusieurs années par la Banque Mondiale, s'appliquent à la promotion du landibe (y compris le reboisement des forêts de tapias) pour favoriser l'emploi local et le développement de petites entreprises.

Ce soutien est nécessaire parce que la production de cocons de landibe aurait été divisé par 10 depuis les années 1960 et que la menace d'une déforestation reste pressante, malgré une bonne résistance des vieux tapias aux feux de brousse grâce à l'épaisseur de leur écorce. En outre, en raison de la crise économique, qui contraint souvent la population à différer les coûteuses cérémonies du retournement des morts (Famadihana)  et de l'usage de tissus alternatifs moins chers (Lambatavoahangy, soie synthétique), la vente de lambamena en soie sauvage est en baisse.

L'on trouve des ateliers similaires ailleurs dans la région, notamment à Ambositra. Ambalavao abrite aussi différents ateliers de broderie en coton.


 

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