Annuaire et guide de voyage

Zanzibar
English Français Deutsch Nederlands Italiano Español

Zanzibar > Photos et récits > Marché d'esclaves de Zanzibar

Photos du marché des esclaves de Stone Town, Zanzibar : les entrepôts d'esclaves, le mémorial de l'esclavage et la maison de Tippu Tip.

Entrepôt d'esclaves de Zanzibar
Entrepôt d'esclaves au marché d'esclaves de Stone Town, Zanzibar.

En 1698, Zanzibar est passé sous le contrôle du Sultanat de Muscat et d'Oman. Ce dernier se livrait de longue date à un lucratif commerce d'esclaves à travers l'Afrique de l'Est.

Quelques décennies plus tard, le sultan omanais, Sayyid Said Bin Sultan, a encouragé le développement de plantations de girofle à Zanzibar avec l'aide d'esclaves. Au début du XIXe siècle, la demande d'esclaves pour les plantations de canne à sucre principalement à l'île Maurice et à La Réunion s'est intensifiée fortement et a donné une nouvelle impulsion à la traite négrière.

Étant donné que les Sultans de Zanzibar contrôlaient une grande partie de la côte est de l'Afrique et des routes commerciales pénétrant à l'intérieur de l'Afrique, Zanzibar est devenu le principal marché d'esclaves en Afrique de l'Est.

Beaucoup de caravanes partaient de Bagamoyo sur la côte du continent et parcouraient à pied plus de 1300 kilomètres, allant même jusqu'au Lac Tanganyika, achetaient des esclaves aux dirigeants locaux ou simplement les capturaient en cours de route. Les esclaves étaient enchaînés et portaient des défenses d'ivoire sur le chemin de retour à Bagamoyo.

Puis de Bagamoyo, les esclaves étaient expédiés, entassés dans des boutres, à Zanzibar, où le marché aux esclaves s'était institué. D'innombrables esclaves mourraient bien avant d'atteindre le marché.

Les esclaves étaient mis en vente sur le marché de Stone Town (la vieille ville de Zanzibar) en fin d'après-midi. Ils étaient placés en lignes, les plus jeunes et les plus petits à l'avant et les plus grands à l'arrière, et ils défilaient pendant que le propriétaire énumérait leur prix de vente.

Après avoir été vendus à un nouveau propriétaire, les esclaves étaient mis au travail à Zanzibar ou expédiés à Oman ou ailleurs dans l'océan Indien. Un riche marchand arabe d'esclaves avait l'habitude d'envoyer en détention les esclaves rebelles dans la petite île de Changuu, située juste au large de Stone Town.

Au milieu du XIXe siècle, environ 50 000 esclaves étaient vendus annuellement à Zanzibar. Ce commerce d'esclaves et celui de l'ivoire qui lui était associé firent de Zanzibar, une ville prospère, célèbre dans le monde entier.

Le marché aux esclaves de Stone Town a persisté jusqu'en 1873  lorsque le Sultan Barghash y a mis fin sous la pression des Britanniques. Ce fut probablement le dernier marché officiel d'esclaves dans le monde. Lire davantage sur l'abolition de la traite des esclaves à Zanzibar.

Monument aux esclaves de Zanzibar
Monument commémoratif de l'esclavage sur le site de l'ancien marché aux esclaves de Stone Town, Zanzibar.

Une cathédrale anglicane fut construite sur le site du marché des esclaves de Stone Town, juste après la fermeture du marché pour commémorer celle-ci, mais les cellules où les esclaves étaient entreposés subsistent. Les esclaves étaient enchaînés dans 15 chambres souterraines, séparés en compartiments pour hommes d'une part, pour femmes et enfants d'autre part. Deux de ces 15 chambres sont actuellement ouvertes aux touristes. Les chambres ont des plafonds bas et de fenêtres minuscules.

Jusqu'à 60 esclaves pouvaient être entassés dans chacune de ces très petites chambres avant d'être emmenés au marché. En vue d'obtenir un prix plus élevé, les esclaves étaient nettoyés juste avant l'enchère. Un grand arbre était utilisé comme poste de flagellation pour tester la force des esclaves. Ceux d'entre eux qui ne criaient pas de douleur pouvaient être vendus à un prix plus élevé.

L'autel de la cathédrale anglicane se situe juste à l'endroit où se dressait cet arbre. La tombe de l'évêque Edward Steere qui supervisa la construction de l'église se trouve derrière l'autel.

A côté de la nef, un crucifix rappelle l'estime portée à David Livingstone: des artistes locaux ont fabriqué ce crucifix avec le bois de l'arbre sous lequel le coeur de David Livingstone a été enterré. Livingstone, dont plusieurs de ses voyages en Afrique ont débuté et se sont terminés à Zanzibar était un explorateur et un militant anti-esclavagiste. Il mourut de paludisme dans ce qui est aujourd'hui  la Zambie le 1er mai 1873. Son cœur fut enterré sous un arbre près de l'endroit où il était mort tandis que le reste de son corps a été envoyé en Angleterre pour y être enterré.

Un monument aux esclaves (mémorial de l'esclavage) a été construit également sur le site de l'ancien marché aux esclaves de Stone Town. La sculpture représente cinq esclaves placés dans une fosse aux abords de la cathédrale anglicane. Les esclaves ont un collier autour du cou et sont enchaînés les uns aux autres. La chaîne serait l'une des chaînes originales utilisées à l'époque de la traite négrière. Le mémorial est l'oeuvre d'un artiste suédois qui a su exprimer parfaitement la douleur et le désespoir des esclaves.


Maison de Tippu Tip à Zanzibar
Maison de Tippu Tip à Stone Town, Zanzibar.

Hamed bin Mohammed bin Juma bin Rajab el Murjebi, bien mieux connu sous son pseudonyme de Tippu Tip (1837-1905), a été l'un des plus riches marchands d'esclaves et propriétaires de plantations à Zanzibar. Il a mené plusieurs expéditions en Afrique centrale.

Tippu Tip a rencontré David Livingstone. Il a soutenu plusieurs explorateurs européens sur le continent africain et occasionnellement aidé certains missionnaires. Cet homme habile réussit à établir son ascendance sur un certain nombre de chefs africains ainsi que sur ses rivaux de Zanzibar qui l'avaient précédé dans des expéditions dans le Haut-Congo.

En 1876, Henry Morton Stanley demanda à Tippu Tip de l'escorter dans son expédition vers le fleuve Congo. Tippu Tip accompagna Stanley uniquement jusqu'aux Chutes Stanley et devint le maître du Haut-Congo.

Tippu Tip prit sa retraite en 1891 à Stone Town et écrivit une autobiographie. Il possédait plus de 10 000 esclaves et sept plantations. Il avait un harem personnel qu'il visitait  chaque jour. Il est mort en 1905 à son domicile de Stone Town.

La maison de Tippu Tip est située à quelques mètres de l'Africa House Hotel, un ancien club britannique. Jadis l'une des maisons les plus riches de Zanzibar, elle est actuellement délabrée et se trouve dans un bien piteux état. Elle a été divisée en appartements occupés par des familles locales.


 

PublicitéAjouter un lien - Rectifier un lien - Décharge de responsabilité -  Contactez-nous
Ajouter aux favoris -  Lien vers WillGoTo - Annuaire voyages

Copyright © 2020 WillGoTo. Tous droits réservés.

Annuaire et guide de voyage à Zanzibar avec de splendides photos.