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Les voitures sans conducteur de Google: voitures autonomes et connectées.          Partager

Le présent article traite de la voiture sans conducteur de Google. Il fait partie d’un ensemble d'articles qui décrivent les activités de Google dans les secteurs des voyages et du transport, et dont les différentes sections sont :

       1. La recherche et comparaison des vols d’avion avec Google

       2a. La recherche et comparaison d’hôtels avec Google. 
       2b. Réserver un hôtel avec Google

       3. Les avis sur les hôtels et les restaurants avec Google. 

       4. La recherche de locations de vacances et de chambres d’hôtes avec Google. 

       5. Uber et le covoiturage urbain.

       6. La voiture sans conducteur de Google - voitures autonomes et connectées.
       7. L'assurance auto en ligne chez Google.

La législation.
Depuis plusieurs années déjà, Google investit dans la mise au point de voitures sans conducteur, plus exactement de voitures autonomes, un secteur qui est actuellement en plein développement. Google a en outre obtenu des modifications légales autorisant l’utilisation en test de ces voitures autonomes sur les routes de quelques Etats des Etats-Unis : le Nevada (depuis juin 2011 déjà) et la Floride, rejoints plus récemment par la Californie (2012) puis le Michigan et Washington DC (2013). 

En Virginie et au Texas, il n'est pas nécessaire de modifier la législation pour permettre l'usage d'une voiture autonome. Des juristes estiment au demeurant qu'il en va de même dans beaucoup d'autres Etats faute d'une interdiction explicite. Dans plusieurs autres Etats américains, un projet de loi autorisant la voiture autonome a été envisagé au cours des deux dernières années, mais aucun n'a abouti.

Les autorités fédérales recommandent en effet de ne pas légiférer tant que la technologie en la matière n'est pas fixée de manière plus stable. Ceci n'a pas empêché le Nevada et la Californie d'aller un pas plus loin en édictant une réglementation comportant des obligations spécifiques à ces voitures pour la sécurité de tous.

Chez Google, le projet a débuté en 2005 et occupe actuellement entre autres 15 ingénieurs sous la direction de Chris Urmson. Initialement, plus d’une dizaine de voitures - des Toyota Prius, Audi TT et Lexus RX450h - ont été équipées des outils nécessaires. Elles ont été utilisées en test sur la voie publique après avoir réussi d'abondants tests en laboratoire sur des routes virtuelles ou privées. Actuellement, comme indiqué plus en détail ci-dessous, Google travaille aussi sur ses propres prototypes entièrement automatisés.

Depuis le lancement du projet, les kilomètres parcourus par ces voitures autonomes s'accumulent petit à petit. En avril 2014, on citait un total de quelque 160.000 km parcourus sur la voie publique, à vrai dire souvent à une allure modérée. En mai 2015, Google avançait un chiffre de 1,5 million de kilomètres; mais, de toute évidence, ce chiffre est surfait. 

Les responsables du projet reconnaissent avoir enregistré 16 accidents jusqu'à ce jour (fin août 2015). Dans 12 de ces cas, le véhicule conduit par un humain qui suivait la voiture Google l'a percutée à l'arrière. Ce fut le cas par exemple le 20 août 2015 lorsque la voiture Google a freiné devant un piéton traversant la rue sur un passage piétonnier et a été heurtée à l'arrière par une voiture changeant de bande de circulation.

Le comble, c'est que c'est l'accident n'aurait probablement pas eu lieu si le conducteur de la voiture Google qui, sous-estimant à tort le freinage automatique de la voiture Google, n'avait pas repris le contrôle de la voiture et freiné plus brusquement, surprenant le conducteur de la voiture suivante. A ce jour, aucun accident ne serait imputable à la voiture autonome.

Assurer le bon fonctionnement des capteurs sur tout type de routes, pour tout type d'obstacle et dans toutes les conditions climatiques ainsi que celui des logiciels qui analysent la situation et déterminent l'action à prendre en temps réel fait partie des difficultés à surmonter. Google affirme avoir résolu les problèmes majeurs rencontrés dans la circulation en ville, là où les problèmes sont les plus aigus. Ses voitures ont une visibilité permanente de 360° s'étendant sur quelque 180 mètres.

Les avantages de la voiture autonome.
Le but principal est d’obtenir une conduite beaucoup plus sûre qu’avec un humain au volant. 90 % des accidents actuels seraient en effet dus à des erreurs humaines. La voiture autonome améliore en outre le confort du conducteur en le déchargeant de la plus grande partie de sa tâche. L'usager de la voiture autonome devrait voir ses heures de temps libre augmenter considérablement. La voiture autonome procure aussi une plus grande autonomie à des personnes moins valides.

Les voitures autonomes seront en outre connectées et pourront dialoguer virtuellement entre elles et avec les infrastructures routières, ce qui donnerait lieu à d'autres avantages, notamment en matière de fluidité du trafic (quoique certains en doutent beaucoup, étant donné qu'on s'attend aussi à une augmentation considérable de l'utilisation des voitures). La voiture connectée devient possible grâce au développement des réseaux mobiles très haut débit à travers le monde.

Les voitures classiques de plusieurs marques disposent dès à présent de la connexion aux réseaux mobiles en particulier pour émettre un appel d’urgence en cas d’accident. Ce système, appelé e-call, sera obligatoire pour toutes les nouvelles voitures – véhicules particuliers et utilitaires légers - commercialisées à partir du 31 mars 2018 dans l'Union Européenne.

En 2015, un consortium des constructeurs allemands Daimler, BMW et Audi a acheté son système de cartographie Here (l'équivalent de Google maps) de Nokia pour $ 3,1 milliards. Il s'assure ainsi la disponibilité d'un outil indispensable à la commercialisation de voitures connectées. En 2014, Daimler a acquis Mytaxi and RideScout, deux applications pour smartphone utiles pour les déplacements de ceux qui ne conduisent pas eux-mêmes de véhicule.

Les constructeurs de voitures.
Google n’est pas la seule entreprise qui mise sur la voiture autonome. Nissan, Tesla et l'équipementier français Valeo, par exemple, travaillent sur des projets similaires.

Audi, en partenariat avec l'Université de Standford, est aussi très actif dans ce domaine et procède aux tests sur les routes du Nevada mais aussi de Chine où le trafic est plus dense et la conduite plus nerveuse. En octobre 2014, une voiture Audi RS7 autopilotée a fait un tour en solo sur le circuit de Hockenheim avec des accélérations allant jusqu'à 240 km/h en ligne droite. En juillet 2015, allégée de 400 kg, l'Audi RS7 a roulé plus rapidement que des pilotes professionnels sur le circuit de Sonoma en Californie. La voiture Audi A7 Sportback est testée en autopilote sur les autoroutes allemandes en 2015.

Mercedes fait des essais en Californie et en Europe. Une voiture Mercedes classe S500 a parcouru 100 km entre Mannheim et Pforzheim en mode "intelligent drive". Le projet de voiture autonome de Mercedes repose sur son modèle électrique F 015 Luxury In Motion qui, bien qu'autorisé sur les routes californiennes, n'est à la mi-2015 testé que dans des circuits privés pour des raisons logistiques.

Cinq voitures Volvo autonomes sont en test sur les périphériques autour de Göteborg, mais dans des limites assez strictes (pas de changement de bande de circulation, pas de feu rouge...). Ces essais devraient être étendus à une centaine de testeurs en 2017/18. Début novembre 2015, à Adelaïde, Volvo fera aussi les premiers essais de voiture autonome sur route d'Australie.

En juillet 2015, le Département des transports du Michigan et l'Université de cet Etat se sont alliés avec des constructeurs tels que Ford, General Motors, Honda, et Toyota, pour bâtir Mcity, une petite "ville" artificielle, sur un terrain de 13 ha où les voitures autonomes seront testées dans des conditions aussi proches que possible de la réalité. 

Depuis quelque temps déjà, Ford, avec son projet Ford Fusion Hybrid, travaille au développement d'une voiture autonome. Le système de détection par laser (LIDAR, "light detection and ranging") dont cette voiture est équipée scanne son environnement 2,5 millions de fois par seconde sur une distance de 61 mètres dans toutes les directions de manière à en dresser une carte en 3 dimensions en temps réel. Dans ce projet, Ford s'est allié au Massachusetts Institute of Technology de Cambridge (près de Boston, USA) - lequel travaillait déjà sur un programme analogue depuis quelques années - et à l'Université de Stanford.

Plus récemment, en septembre 2015, Toyota a fait appel aux mêmes partenaires, le MIT et l'Université de Stanford, en leur octroyant $ 50 millions pour développer un centre de robotique développant une voiture autonome.

Egalement début septembre 2015, Honda est venu s'ajouter à la liste des producteurs admis à tester leurs véhicules sans chauffeur sur les routes de Californie, ce qui porte leur nombre à dix:
Volkswagen Group of America, Mercedes Benz, Google, Delphi Automotive, Tesla Motors, Bosch, Nissan, Cruise Automation, BMW et Honda. Au total, les permis ont été délivrés en Californie pour 80 véhicules et plus de 300 conducteurs. 

Les constructeurs de camions travaillent aussi sur des techniques similaires. En 2012, avec son système SARTRE (Safe Road Trains for the Environment), Volvo Trucks a testé en Espagne le pilotage par une seule personne d'un convoi de camions connectés entre eux. En 2014, Scania a fait un test analogue sur les routes de Suède. 

En matière de conduite semi-autonome, après avoir obtenu les autorisations requises, Daimler fait circuler depuis 2015 un camion autonome dans l’Etat du Nevada et sur les autoroutes de l'Allemagne. Le camion du type Actros est équipé de la nouvelle technologie "Highway Pilot". En Allemagne, ce camion de 40 tonnes a circulé en conditions réelles de trafic sur l'autoroute A8 près de Stuttgart pour la première fois le 2 octobre 2015. Le chauffeur doit être à bord et le camion ne peut pas dépasser les 80 km/h.
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Apple. En dehors des constructeurs et des équipementiers et outre Google, Apple s'intéresse aussi au développement d'une voiture autonome. Il projetterait d'utiliser à cette fin la voiture électrique de BMW i3. Apple ne communique toutefois pas sur ce sujet et ne confirme pas ces supputations.

En tous cas, il a débauché pas mal d'experts du secteur automobile ces derniers temps et s'est réservé l'utilisation du vaste site GoMentum Station, une ancienne base militaire, à San Francisco de toute évidence pour y faire des essais de voitures autonomes. Le 17 aout 2015, un conseiller juridique de haut rang d'Apple a eu un rendez-vous avec les responsables des voitures sans chauffeur de l'Etat de Californie.
 
Fidèle à sa stratégie commerciale, Apple entoure d'un grand secret ses travaux en la matière. Ceux-ci portent le nom de Projet Titan, ont lieu jusqu'à présent dans un laboratoire de Sunnyvale (Californie) et sont placés sous la direction de Steve Zadesky, un ancien ingénieur de Ford. Si Apple se lance dans des essais de conduite autonome à GoMentum Station, il pourra le faire avec une certaine discrétion. Mais s'il veut en faire sur les routes de Californie, il sera obligé de révéler diverses informations qui doivent être indiquées dans la demande de permis.


Une fois les problèmes techniques résolus et mis à part le coût très élevé de telles voitures, cela ne signifierait pas encore que la voiture autonome serait opérationnelle. La mise en circulation effective de voitures sans conducteur nécessite en effet un cadre réglementaire nouveau dans beaucoup de pays puisque la législation actuelle stipule par exemple que le conducteur doit constamment avoir le contrôle de son véhicule.

En cas d'accident lors d'une conduite autonome, les responsabilités doivent aussi pouvoir être identifiées sans que conducteur, constructeur et équipementier puissent à tort et à travers se rejeter la faute. En principe, ce sera le constructeur qui devra assumer la responsabilité des accidents, pour autant que le conducteur ait tenu correctement à jour les logiciels utilisés. Par ailleurs, la plupart des voitures autonomes ne roulent actuellement qu'à une vitesse réduite et ne reconnaissent pas les agents qualifiés ou autres policiers et leurs injonctions.

Pour toutes ces raisons, beaucoup de constructeurs, dont Renault-Nissan et bien d'autres, préfèrent miser plutôt sur les systèmes de conduites semi-automatisés, ce qui leur paraît plus réaliste. Plusieurs modèles de différentes marques s'en approchent graduellement. Les innovations sont en effet introduites petit à petit, souvent d'abord dans des modèles du haut de la gamme et ensuite dans des véhicules plus courants.

Le pilotage automatique en cas d'embouteillage (ex. le système Distronic Plus de Mercedes, Adaptive cruise control with traffic jam assistant d'Audi), le freinage en urgence si le conducteur ne réagit pas à un risque imminent d'accident (système EyeSight de Subaru, Active City Stop de Ford et similaires chez d'autres marques), le système de parcage automatique (Remote Control Parking de BMW, Active Park Assist de Ford et autres), la surveillance du franchissement non autorisé d'une ligne au sol ou le maintien du véhicule à l'intérieur de sa bande de circulation (Active Lane Assist d'Audi)  et la reconnaissance optique des panneaux de signalisation conformes à la Convention de Vienne s'inscrivent dans cette voie. 

En septembre 2015, dix des plus grands constructeurs de voitures se sont engagés envers les autorités américaines à installer sur les nouvelles voitures produites un système de freinage automatique en cas de risque d'accident, sans toutefois se fixer un calendrier contraignant. Aux Etats-Unis, une voiture est victime d'une collision à l'arrière toutes les 17 secondes, ce qui représente un tiers de l'ensemble des accidents automobiles.

La réticence de certains passagers, mais aussi des piétons à accepter une voiture complètement autonome plaide également en faveur d'un système partiellement automatisé seulement. 

Deux approches coexistent donc, mais toutes deux tendent vers un même but. D'une part, Google, des équipementiers et des groupes tels qu'Apple et Uber ont choisi d'emblée de développer des véhicules complètement autonomes et, sans doute, seront amenés par les contraintes extérieures à prévoir des possibilités d'intervention humaine. D'autre part, les constructeurs de voitures ajoutent progressivement des automatismes à leurs autos les plus développées et les rendent autonomes dans un nombre croissant de situations. 

Les  prototypes de Google
Les contraintes réglementaires forcent Google aussi à adapter son projet. Google prévoyait de produire et de mettre en circulation une centaine de petites voitures électriques sans pédales ni volant à une vitesse maximale de 40km/h. La fabrication de ces prototypes est sous-traitée à un équipementier de Detroit. Ce modèle, aux formes arrondies, prévu pour deux occupants et complètement automatisé, a été dévoilé en 2014.

Mais, l'Etat de Californie a précisé à la mi 2014 sa réglementation en la matière pour imposer au conducteur de voitures autonomes d'être capable de reprendre à tout moment le contrôle physique du véhicule sur la voie publique. Ceci a contraint Googleà rajouter pédales et volant à ses prototypes.  

Ainsi modifiés, ceux-ci sont depuis mai 2015 mis sur la voie publique en Californie. Dans un premier temps, 25 de ces prototypes ont été produits et 5 circulent principalement dans les environs du siège de la société Google à Mountain View, CA. En septembre 2015, quelques prototypes ont rejoint les Lexus RX450h SUVs autonomes qui circulent déjà en test à Austin, Texas depuis un peu plus de deux mois. A Austin, Google peut tester d'autres situations, entre autres la présence de cerfs et une signalisation différente. 

Google explique que ses senseurs sont capables de détecter la présence d'animaux en bord de la route, même la nuit, et d'identifier qu'il ne s'agit pas d'objets inanimés (boîtes aux lettres ou autres). Si l'animal se met en mouvement vers la route, la voiture ralentit ou s'arrête.

Lorsque tous ces tests seront terminés et que d'autres problèmes auront été résolus (ex. que doit faire la voiture autonome si elle ne sait pas atteindre la destination assignée), Google fera des études de marché pour bien connaître les différents usages que les clients potentiels de voitures autonomes voudraient en faire et il déterminera comment les mettre sur le marché. Jusqu'à présent en effet, l'équipe du projet chez Google s'est concentré quasi exclusivement sur les aspects techniques plutôt que sur les débouchés commerciaux de la voiture autonome.


 

Assurance auto.
La Californie impose aussi aux sociétés qui mettent en fonction des voitures autonomes en test sur la voie publique de contracter une assurance d'au moins 5 millions de dollars pour couvrir le risque d'accidents de ces voitures.

Une fois la voiture autonome commercialisée, le marché de l'assurance auto va s'en trouver bouleversé. On s'attend à une baisse très significative des primes grâce à l'amélioration de la sécurité. Selon une étude de KPMG aux Etats-Unis, la fréquence des accidents des véhicules pourrait diminuer de 80 % en 2040 du fait de la généralisation des systèmes de sécurité et de conduite autonome. Les compagnies d'assurance auto craignent donc une forte chute de leurs revenus.

Mais, dans un premier temps, les primes d'assurance risquent au contraire d'être plus élevées à cause du coût élevé des voitures autonomes et de leurs précieux équipements. L'absence de longues séries statistiques qui servent de base à l'assurance pourraient aussi pousser les primes d'assurance à la hausse au début. La coexistence sur les routes de voitures avec et sans chauffeur risque aussi d'être difficile à gérer en matière de responsabilités. Sans parler des risques de hacking et de piratage des voitures autonomes et connectées..

A ce sujet, le piratage d'une voiture avec chauffeur en circulation sur une autoroute américaine par Charlie Miller and Chris Valasek en juillet 2015 a largement été évoqué dans les media qui jusqu'alors n'avaient guère prêté attention à ce risque pour les voitures autonomes, ayant d'ailleurs passé sous silence d'autres piratages antérieurs. Chrysler a dû rappeler 1,4 million de ses voitures pour en corriger les failles de sécurité. Les deux protagonistes précités ont été embauchés par Uber pour son propre centre de développement de voitures autonomes.

Depuis lors, la possibilité de piratages de voitures autonomes est admise même si toutes les précautions voulues sont prises. Un système infaillible n'existe pas. Les propriétaires de voitures de luxe sans clé en font aujourd'hui la triste expérience. A Londres, près d'une voiture volée sur deux (42 %, pour être précis) est en 2015 une voiture sans clé.

A cet égard, une voiture autonome peut présenter de grandes vulnérabilités. En septembre 2015, un professionnel de la sécurité informatique, Jonathan Petit, se faisait fort, avec un matériel de seulement quelques dizaines de dollars, de brouiller complètement les détecteurs de voitures autonomes au point que celles-ci ne décèlent pas la présence d'obstacles réels ou au contraire en trouvent d'autres imaginaires.

En l'absence même de tout piratage, la possibilité d'utiliser une voiture autonome, sans conducteur, est une aubaine pour toute organisation terroriste ou mafieuse. Un retard dans la mise à jour des logiciels utilisés par le propriétaire du véhicule constitue aussi un risque supplémentaire à ne pas sous-estimer. Tous ces risques ne remettent nullement en cause le développement des voitures autonomes étant donné l'énorme réduction attendue des accidents de circulation.

Indépendamment d'une probable baisse de leur chiffre d'affaires global à terme, les assureurs s'attendent aussi à une mutation très profonde de leur marché. Alors qu'actuellement, ils assurent les propriétaires des véhicules, c'est plutôt les constructeurs qu'ils devront assurer, une fois la voiture autonome commercialisée.  

Hors Etats-Unis, notamment en Angleterre, la promotion de voitures sans chauffeur progresse également. A l'aéroport de Londres Heathrow, des mini-voitures sans conducteur relient le terminal 5 à la zone des parkings sur une piste de 4 km conçue spécialement à cet effet depuis 2011 déjà.

En outre, le gouvernement du Royaume-Uni a début 2015 investi 19 millions de livres sterling dans le développement de prototypes de mini-voitures autonomes dans le pays. Des projets sont en cours dans 4 villes: Greenwich, Bristol, Coventry et Milton Keynes. En particulier, le projet développé par la firme RDM de Coventry et auquel le groupe Jaguar Land Rover collabore porte sur de petits véhicules électriques sans conducteur, appelés Lutz Pathfinder Pod. Il est prévu de les employer fin 2015 comme taxis ou navettes à allure réduite dans des zones piétonnières de Coventry et de Milton Keynes et plus tard sur des routes bien déterminées. Il s'agit en l'occurrence de petites cabines sur roues (plutôt que de réelles voitures classiques) destinées à un usage bien spécifique. Le projet est prévu pour une durée de trois ans.

A Greenwich, le test, appelé Gateway scheme, porte sur l'utilisation de Meridian shuttles électriques sans chauffeur dans différents scénarios pendant deux ans. Le test devrait permettre d'évaluer les réactions des piétons et des autres véhicules et aider à déterminer les modifications à faire en matière de législation. Quant à Bristol, il accueille le Venturer Consortium qui étudie comment la voiture sans conducteur peut réduire les embouteillages et améliorer la sécurité routière.

Le plus important est sans doute que, après l'Allemagne et la Suède, le Royaume-Uni adapte sa réglementation en vue de permettre l'usage de voitures sans conducteur sur la voie publique. Les autres pays européens n'ont à ce jour pas pris de disposition dans ce sens.

Dorénavant, aucune autorisation particulière n'est requise pour tester des voitures autonomes sur routes au Royaume-Uni. Il suffit de respecter le code de bonnes pratiques qui a été édicté. Il est notamment demandé qu'un conducteur soit prêt à prendre le contrôle de la voiture en cas de besoin et que le véhicule soit pleinement assuré et muni d'une "boîte noire" enregistrant ce qui se passe. Le code de la route doit être respecté et les autorités locales prévenues. 

Aux dires des constructeurs britanniques, les senseurs utilisés par Google ne conviendraient pas en cas de brouillard ou de fortes pluies. Ces constructeurs voient donc des opportunités pour développer leur propre système.

En France, des expérimentations sur route ont été autorisées au cas par cas. La loi de transition énergétique, promulguée à la mi- septembre 2015, permet d'instaurer un cadre juridique plus général en autorisant le gouvernement à adapter la législation "afin de permettre la circulation sur la voie publique de véhicules à délégation partielle ou totale de conduite". On attend l'ordonnance en la matière avant la fin de l'année 2015.

Depuis début juillet 2015, PSA Peugeot Citroën teste cinq véhicules autonomes sur des autoroutes et des routes nationales, au milieu de la circulation, avec obligation pour l'ingénieur à bord de pouvoir reprendre les commandes à tout moment.

Renault mise sur sa voiture connectée Next Two qui sera dotée d'une conduite autonome en situation d’embouteillage jusqu’à 30 km/h et d'une fonction de manoeuvre dans des parkings adaptés au véhicule autonome.

Taxis sans chauffeur.
Des taxis sans chauffeur constitueraient un énorme débouché pour les voitures autonomes, ce qui intéresse beaucoup Google et d'autres. Début 2015, s'appuyant sur des déclarations de Chris Urmson, le responsable du département des voitures sans conducteur chez Google, Bloomberg indiquait que Google travaillait sur un projet de taxis sans chauffeur et en aurait informé Uber. Ceci pourrait être de nature à poser des problèmes entre les deux partenaires, vu qu'Uber, de son côté, soutient un autre projet de recherche sur les voitures sans chauffeur, en coopération avec l'Université Carnegie Mellon à Pittsburgh et celle de l'Arizona.

Sans attendre le résultat de ces investissements, le patron d'Uber, Travis Kalanick, n'a pas hésité à crier haut et fort en 2015 qu'Uber achèterait 500,000 voitures sans chauffeur de Tesla en 2020 si celui-ci réussissait dans son projet de voiture autonome. Cependant, des financiers estiment à tort ou à raison que, dans un tel cas de réussite, Tesla pourrait opportunément offrir lui-même ce service de taxis sans chauffeur. 

En réalité, le métier de taxi risque d'être également profondément bouleversé. Avec la voiture autonome et connectée, on arrivera rapidement à un système de partage de voitures où l'utilisateur emprunte facilement à la carte une voiture pour n'importe quel déplacement plutôt que d'acheter celle-ci et de la laisser inoccupée pendant des heures.  

Perspectives.
En matière de voitures autonomes, Google et quelques constructeurs figurent clairement dans le peloton de tête. En septembre 2015, Google avait 23 Lexus RX450h SUVs et 5 de ses prototypes électriques en circulation soit en Californie soit à Austin au Texas.

Autre fait marquant, en septembre 2015, Google a engagé John Krafcik pour diriger le programme, Chris Urmson restant en charge du développement technique. John Krafcik a travaillé entre autres chez Ford et Hyundai Motor America dont il a été le président pendant 5 ans. L'engagement d'un professionnel du secteur automobile semble indiquer que le développement de la voiture autonome de Google entre dans une nouvelle phase, plus orientée sur les débouchés.

Les dernières informations divulguées sur le projet laissent entendre que Google progresserait rapidement dans la mise au point d'une voiture sans conducteur dont une première phase de lancement commercial pourrait intervenir dans les 5 ans. Nissan et Audi évoquent un timing analogue. La version 2017 de l'Audi 8 devrait être très proche d'une voiture autonome.


Si Google réussit dans la mise au point d'une voiture réellement autonome, il aura acquis une position forte dans le secteur et, avec sa puissance de lobbying, il est même apte à forcer un changement réglementaire aux Etats-Unis qui finirait bien par s'étendre ailleurs ultérieurement. Le mouvement est déjà en cours.

Cet engouement pour le développement de la voiture autonome fait en tous cas le bonheur d'ingénieurs high tech les plus spécialisés que les grandes firmes concernées s'empressent d'embaucher aux conditions les meilleures.

Willgoto, avril 2014. Dernière mise à jour: septembre 2015. L'article ci-dessus est mis à jour périodiquement.


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Depuis plusieurs années déjà, Google investit dans la mise au point de voitures sans conducteur, plus exactement de voitures autonomes. Ce secteur est actuellement en plein développement.